Archive for the ‘Analyses’ Category

Débat sur les retraites avec Gérard Filoche

Samedi, juin 5th, 2010

Gérard Filoche était l’invité mercredi dernier du courant “Un monde d’avance” en Seine-Saint-Denis pour un débat sur l’avenir des retraites, animé par Mathieu Hanotin.

Nous vous proposons 4 petites vidéos, condensant un débat passionnant de près de 2 heures sur l’avenir des retraites et les questions liées à leur financement (démographie, pénibilité, financement, lutte contre le chômage…).

“Madame Parisot voit des centenaires partout!”. L’escroquerie des arguments démographiques

“La vie réelle, c’est que les gens travaillent 37 annuités, le mensonge c’est qu’on veuille les faire travailler 41, l’escroquerie c’est qu’on dise qu’il faut en faire 42″.

Pour lutter contre les trous cumulés, y a qu’à cumuler les recettes

La réduction du temps de travail, la lutte contre le chômage

Une restauration de l’ancien régime?

Dimanche, avril 11th, 2010

9782743615277La rénovation, nous ne savons toujours pas ce que c’est à la rénovitude. Mais nous savons ce que cela ne peut pas être.

En matière économique par exemple, nous avions cru comprendre avec la crise du système néo-libéral récente qu’il fallait absolument rénover le commerce mondial, les règles financières, la puissance des Etats face à la puissance bancaire.

Et pourtant, les actes récents de la communauté internationale en matière de sortie de crise nous donnent plutôt l’impression d’une restauration de l’ancien régime. Prenons l’exemple récent de la Grèce victime directe de la crise du système néolibéral et du plan de sortie de crise qu’on lui impose: réduction des salaires, réduction des services publics, réduction du pouvoir politique sur le pouvoir financier etc…ça ne vous rappelle rien?

Nous, ça nous rappelle le temps de l’avant-crise, le temps du néo-libéralisme tout-puissant. Alors, si la rénovation de l’économie mondiale c’est la restauration de l’ancien régime économique, nous sommes certains d’une chose, c’est que ce n’est pas très rénovitude!

Pas d’ambiguïtés sur les retraites, SVP

Mercredi, avril 7th, 2010

convention_b

Le calendrier de la “convention pour un nouveau modèle de développement économique, social et écologique” est connu.

Le vote des militants sur un texte présenté au conseil national du 27 avril est prévu le 20 mai et la convention se tiendra le 29 mai.

La convention se veut l’ébauche du projet socialiste pour 2012, c’est dire son importance cruciale même si on a pu déplorer par le passé une certaine tendance des candidats investis à s’en détacher.

13 ateliers ont commencé leurs travaux. Ils sont rassemblés autour de 3 grands thèmes : «Un nouveau modèle d’éco-développement au service du progrès», «Relancer le progrès social», «Réhabiliter l’intervention publique» et ils peuvent faire l’objet de discussions sur la Coopol.

Aujourd’hui, on s’est intéressé à l’atelier n°8 – Pour la société du bien-être, refonder la protection sociale et plus particulièrement à la question des retraites.

Voici ce que l’on peut lire dans le rapport de travail préliminaire qui sert de base aux discussions en cours au sujet des retraites :

Extrait :

«L’avenir du système de retraites et les réformes nécessaires dépendront fortement de l’évolution de la démographie, de la croissance, de l’emploi et de la masse salariale. Le Parti socialiste a déjà énoncé les grandes orientations qu’il défendra et ses priorités pour la période 2012-2020 :

  • la sauvegarde du système par répartition, fondé sur la solidarité entre les générations;
  • un niveau de pension permettant aux retraités de vivre correctement alors qu’1 million de retraités vit sous le seuil de pauvreté et 50% ont une retraite inférieure à 1000 euros;
  • l’introduction de nouvelles ressources dans le système ;
  • le maintien de l’âge légal du départ à la retraite à 60 ans, c’est à dire la possibilité de faire valoir ses droits, quel que soit le montant de sa retraite. C’est le seul droit encore attaché à l’âge légal de départ à la retraite et nous le défendrons; les salariés ayant commencé à travailler très tôt doivent pouvoir faire valoir leurs droits à la retraite dès lors qu’ils ont cotisé le nombre de trimestres requis ;
  • la prise en compte de la pénibilité pour le calcul des droits à la retraite, par exemple en majorant d’un coefficient les trimestres travaillés dans des emplois identifiés comme pénibles ;
  • des mesures vigoureuses et effectives pour le maintien dans l’emploi des plus de 50 ans : le taux d’emploi des plus de 55 ans est de 35% ; une personne sur deux est au chômage ou en préretraite au moment de faire valoir ses droits.»

Les socialistes sont donc attachés au maintien de l’âge légal à 60 ans et à la sauvegarde du système par répartition. C’est rassurant.

Mais ce qui l’est moins, c’est l’absence de chiffres ou de mode de calcul des pensions comme la durée de cotisation ou le calcul du taux de remplacement !

Les auteurs du rapport nous disent vouloir permettre aux retraités de vivre «correctement». Mais crévindiou, qu’est-ce que ça veut dire «correctement» à notre époque ?

A combien s’élèvera la pension minimum ? Sera-t-elle égale au SMIC ?

La pension sera-elle calculée en prenant en compte les dix meilleures années ou imagine-t-on un mode de calcul moins favorable ?

Bref, tu l’auras compris cher abonné de la rénovitude, il ne faudra pas se bercer de mots au moment du vote en section et espérons que le texte final ne comportera pas de telles ambiguïtés sur des sujets aussi importants que celui des retraites.

Nota bene: ajout de dernière minute, on vous signale le site http://www.exigences-citoyennes-retraites.net/

La Seine-Saint-Denis, un département en mal d’élus au conseil régional

Mardi, mars 23rd, 2010

93Maintenant que nous connaissons la répartition des sièges au conseil régional, voici notre bilan sur le poids de la Seine-Saint-Denis.

Sur 209 sièges, la répartition départementale est la suivante:

  • Paris: 41 sièges (28 à gauche et 13 à droite) pour 2 215 197 habitants soit 1 élu pour 54 029 habitants;
  • Seine-et-Marne: 24 sièges (16 à gauche et 8 à droite) pour 1 310 646 habitants soit 1 élu pour 54 610 habitants;
  • Yvelines: 28 sièges (17 à gauche et 11 à droite) pour 1 429 610 habitants; soit 1 élu pour 51 057 habitants
  • Essonne: 24 sièges (17 à gauche et 7 à droite) pour 1 217 716 habitants soit 1 élu pour 50 738 habitants;
  • Hauts-de-Seine: 29 sièges (18 à gauche et 11 à droite) pour 1 561 261 habitants soit 1 élu pour 53 837 habitants;
  • Seine-Saint-Denis: 19 sièges (15 à gauche et 4 à droite) pour 1 513 963 habitants soit 1 élu pour 79 682 habitants;
  • Val-de-Marne: 24 sièges (17 à gauche et 7 à droite) pour 1 315 279 habitants soit 1 élu pour 54 803 habitants;
  • Val d’Oise: 20 sièges (14 à gauche et 6 à droite) pour 1 176 466 habitants soit 1 élu pour 58 823 habitants.

Le département de Seine-Saint-Denis sera donc bien le département le moins bien représenté par le nombre d’élus alors qu’il se classe 3ème par sa population.

Mieux (ou plutôt pire), alors qu’un élu du 91 représente 50 738 habitants, celui du 93 en représente 79 682!

Par rapport à l’ancien mode de scrutin, celui d’avant la réforme de Raffarin qui a imposé le calcul de la représentativité des départements au nombre de votants et plus au nombre d’habitants, la Seine-Saint-Denis perd un quart de son poids dans l’assemblée régionale.

Le département le plus fragile, à la population la plus pauvre, celui qui réclame le plus de moyens est aussi, par la malédiction d’un mode de scrutin inique, le plus pauvre en élus.

Enfin, pour finir sur une note positive, il faut souligner que la gauche en Seine-Saint-Denis gagne 1 siège en plus. Nous passons de 14 élus de gauche durant la mandature 2004-2010 à 15 puisque le 15ème de liste, Stéphane Gatignon, maire de Sevran, conseiller général et maintenant conseiller régional est élu, grâce au score sans appel du 21 mars  (66,53% des voix pour la liste menée par Abdelhak Kachouri).

Stéphane Gatignon, membre d’Europe Ecologie, cumulera-t-il 3 mandats? C’est la question que nous lui posons.

Le 93, troisième département francilien, sera-t-il le moins bien représenté dans l’assemblée régionale?

Mardi, mars 16th, 2010

93A l’issue du second tour des élections régionales, les sièges attribués à chaque liste sont répartis entre les sections départementales qui la composent au prorata des voix obtenues par la liste dans chaque département. Cette attribution opérée, les sièges restant à attribuer sont répartis entre les sections départementales selon la règle de la plus forte moyenne.

Cette règle va donc pénaliser très fortement les départements à forte abstention dont les listes départementales seront mécaniquement moins bien représentées.

 Nous avons fait des petits calculs sur la base des résultats du premier tour en nous intéressant plus particulièrement à la Seine-Saint-Denis.

Le résultat est frappant. La Seine-Saint-Denis, troisième département d’Ile-de-France en population, risque d’être le moins bien représenté dans la future assemblée régionale si le chiffre de l’abstention est confirmé au second tour.

Il faut donc appeler à voter massivement dans notre département de manière à corriger ce handicap.

Calcul sur les voix obtenues par la liste de Jean-Paul Huchon au premier tour en Ile-de-France

 TABLEAU VOIX HUCHON

 

Calcul sur les voix obtenues par toutes les listes au premier tour en Ile-de-France

TABLEAU VOIX TOTALES

Sources: Ministère de l’Intérieur (mémento régionales 2010) et INSEE

Nota bene: on vous recommande la lecture du billet de Daniel Goldberg sur ce sujet datant de janvier 2010 et s’indignant du mode de répartition des sièges par département

La fin du one-man-show de Bayrou

Lundi, mars 15th, 2010

one-man-showHier soir, tout à la joie des résultats électoraux, joie largement modérée par les chiffres catastrophiques de la participation et des scores du Front national, dopé par le débat pourri sur l’identité nationale, nous étions nombreux à nous réjouir de l’effondrement du MODEM.

Depuis longtemps, nous affirmions que le parti de François Bayrou est un leurre, un trompe-l’œil et un piège auquel malheureusement, de nombreux socialistes (et éditorialistes) se sont laissé prendre.

Les militants le savent, le MODEM est un parti de droite. Sa base idéologique, ses soutiens, ses cadres, appartiennent à une tradition conservatrice.

François Bayrou, chansonnier de la politique, a brouillé cette réalité, dans des one-man-shows souvent talentueux, en s’attaquant au système médiatique, à la concentration de la presse, en surfant sur le rejet de pratiques politiques douteuses ou d’un système démocratique malade qu’un électeur sur 2 rejette en refusant de voter. Cette posture avait parfois du panache sur les plateaux télé mais elle était aussi souvent facile et hypocrite.

Et ce matin, c’est finalement l’Hérétique, LE blogueur du MODEM, qui a su résumer le mieux  la leçon du scrutin de dimanche.

Sur son blog, on peut lire l’amertume et la colère d’un militant qui appelle à emprunter la route du «centre-droit» qui passe par le renoncement à «la dénonciation du capitalisme, des banquiers, des libéraux, des marchés, des puissances de l’argent, des sondeurs, des médias…», bref à renoncer clairement à nos luttes à nous, militants de gauche, pour qui le système libéral et le capitalisme financier doivent être combattus.

Dans un autre billet, l’Hérétique annonce vouloir appeler à soutenir l’UMP au second tour, là où il le jugera pertinent.

La démonstration est faite. Avec 4% des voix, le MODEM ne devrait plus être un sujet de discorde entre socialistes. C’est avec nos partenaires de gauche, écologistes, front de gauche, que nous devons travailler pour battre Sarkozy en 2012.

Nota bene : faites aussi un tour sur le blog du chevalier orange, c’est divertissant.



Wikio

Réunion publique aux Lilas le 9 mars 2010

Vendredi, mars 5th, 2010

MEETING LES LILASRéunion publique à l’occasion de la campagne des élections régionales aux Lilas, le 9 mars à 20h30 avec Jean-Paul Huchon, Abdelhak Kachouri, tête de liste en Seine-Saint-Denis, Anne Hidalgo, tête de liste de Paris, première adjointe-au-maire, Martine Legrand, conseillère régionale et maire-adjointe du Pré Saint-Gervais, Tania Assouline, Daniel Guiraud, maire des Lilas et Claude Bartolone, député et président du conseil général de la Seine-Saint-Denis.

Gymnase Liberté – 30 boulevard de la Liberté – 93260 Les Lilas – Métro Mairie des Lilas
Agrandir le plan

Travailler mieux, moins, tous

Lundi, mars 1st, 2010

Le droit à la paresseLe passager clandestin réédite “Le droit à la paresse” de Paul Lafargue, pamphlet contre le travail publié en 1880. Il est préfacé par Gérard Filoche, inspecteur du travail, membre du conseil national du PS.

Le site Arrêt sur images a réalisé une émission passionnante sur ce texte, animée par Judith Bernard avec Gérard Filoche et Aurélie Filippetti, députée de Moselle.

L’occasion aussi de revenir sur le combat actuel contre le “mal-travail”, le travail précaire, l’imposture du slogan “Travailler plus pour gagner plus” et la nécessité de défendre la réduction du temps de travail, mesure de progrès social évident que l’idéologie dominante s’acharne à démolir.

 Au “travailler plus pour gagner plus”, Gérard Filoche oppose le “travailler mieux, moins, tous”, un beau slogan à méditer lors de l’élaboration du projet socialiste!

Extrait de l’avant-propos du “Droit à la paresse”:

“La bourgeoisie, alors qu’elle luttait contre la noblesse, soutenue par le clergé, arbora le libre examen et l’athéisme; mais, triomphante, elle changea de ton et d’allure; et, aujourd’hui, elle entend étayer de la religion sa suprématie économique et politique. Aux XVe et XVIe siècles, elle avait allègrement repris la tradition païenne et glorifiait la chair et ses passions, réprouvées par le christianisme ; de nos jours, gorgée de biens et de jouissances, elle renie les enseignements de ses penseurs, les Rabelais, les Diderot, et prêche l’abstinence aux salariés. La morale capitaliste, piteuse parodie de la morale chrétienne, frappe d’anathème la chair du travailleur; elle prend pour idéal de réduire le producteur au plus petit minimum de besoins, de supprimer ses joies et ses passions et de le condamner au rôle de machine délivrant du travail sans trêve ni merci.”

 

 


Les sondages ou l’art de l’enfumage

Mardi, février 9th, 2010

amerique-opium-big1Ca y est. Le PS renaît. Et dire qu’il y a quelques temps nous craignions qu’il ne fasse une expérience de mort imminente. Les sondages lui prédisent 27, 28 voire 30% des voix au premier tour des régionales. Et certaines ambitions présidentielles renaissent ou naissent. Le directeur du FMI qui pourrait revenir en France métropolitaine avant 2012. Notre première secrétaire qui s’estime qualifiée. Les militants de Désir d’Avenir qui exhortent sur la coopol leur championne à s’accrocher.

Mais les sondages ne font que dépeindre une situation donnée à un moment donné. Quelle est la situation ? Les Français vont devoir désigner leurs conseillers régionaux et rien que leurs conseillers régionaux.

Pour ce qui est du moment, nous venons tout juste de commencer l’année 2010, il nous reste encore 2 Saint-Sylvestre à fêter avant la présidentielle.

Surtout, n’ayons pas la mémoire courte. En 2004, nous étions certains que la gauche remporterait l’élection de 2007. Nous avons alors construit un programme à la hâte, désigné notre candidat à l’issue d’une joute où tous les coups, même les plus rétrogrades ont été permis.

Nous avons aussi, à maintes reprises, constaté que le dirigeant socialiste était particulièrement enclin à se laisser enfumer par les volutes statistiques et autres probabilités sondagières.  Pourtant, les électeurs nous ont parfois prouvé leur capacité à changer d’avis comme on change sa chemise le matin en s’habillant afin d’aller travailler un peu plus dans l’espoir de gagner un peu plus tout en gagnant un peu moins. Ils nous ont aussi et surtout prouvé une certaine maturité électorale et il faut bien l’admettre : eux ne confondent pas la portée des scrutins. Ils ne se laissent pas aussi facilement embuer par la fumée des sondages.

Mais comme c’est en forgeant qu’on devient forgeron, faisons le pari que nos dirigeants ne se feront pas avoir une seconde fois !

Le bilan de la semaine politique juste après les élections régionales de 2004:

retrouver ce média sur www.ina.fr

Vote des militants PS dans les sections

Samedi, décembre 5th, 2009

microscopeLes scrutins internes au Parti socialiste sont toujours des moments privilégiés pour qui veut se plonger dans l’observation et l’analyse des pratiques du parti et les résultats de la toute récente consultation des militants sur les listes des candidats aux élections régionales n’échappent pas à la règle.

Ainsi, l’examen microscopique de ces résultats, section par section, dans une fédération que nous connaissons bien, recèle-t-il bien des enseignements.

Dans certaines sections, la participation et le vote « Pour » atteignent des scores stratosphériques. C’est le cas pour deux sections notamment avec des taux de participation de 86% et 93% et des résultats aux allure de plébiscite à faire pâlir d’envie tout responsable de section avec 100% de votes « Pour » !

Inversement, quelques sections affichent des taux de « Contre » particulièrement élevés.

Qui a dit que le PS était divisé ? Ce n’est manifestement pas le cas dans de nombreux endroits où les militants font bloc autour de leurs responsables dans une remarquable unité !

Naturellement, les résultats découlent des positions de ces cadres locaux sur la liste soumise au vote des adhérents.

Untel en position éligible obtiendra des résultats très favorables dans sa section et tel autre, écarté des places intéressantes ou loin derrière ses petits camarades, suscitera un rejet important de la liste par les militants.

Il ne faut pas non plus négliger le charisme et la force de conviction des responsables dans l’analyse des résultats mais pour autant, des scores aussi surprenants doivent nous questionner sur l’usage de la démocratie au sein du parti.

On peut s’interroger sur la qualité du débat, sur l’expression de la diversité des opinions ou éventuellement sur la manière d’accueillir les nouveaux adhérents dans les sections aux scores monolithiques.

Il est en effet évident que des débats équilibrés, confrontant au mieux les différents points de vue et les sensibilités, sans langue de bois, donnent lieu à des votes plus nuancés et sans doute plus proches de la réalité des choses.

D’où l’importance de décloisonner au maximum le PS, par le moyen notamment d’internet, qui permet de mieux confronter les points de vue et d’offrir aux militants une plus grande richesse d’informations et d’arguments que les seules réunions de section sont capables de leur offrir.

De ce point de vue, nous attendons beaucoup du futur réseau en ligne du PS, la fameuse Coopol.

Tribune d’Alexie Lorca, secrétaire de section de Montreuil / Plus dure sera la Chute

Vendredi, novembre 20th, 2009

murA lire, la tribune d’Alexie Lorca sur Mediapart, secrétaire de section de Montreuil et conseillère municipale, pour qui «le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin doit être pour les socialistes une nouvelle occasion symbolique de s’interroger sur son socle idéologique».

Le texte intégral:

Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin, symbole de la Guerre froide et de la scission du monde en deux blocs, tombait sans déploiement d’artillerie lourde, sous les seuls coups de pioche de jeunes Allemands. Dans l’euphorie, des millions d’Européens fêtaient les droits de l’homme et la liberté retrouvés. Vingt ans plus tard, ce vent d’espérance s’est passablement affaibli. Les témoignages des écrivains, artistes et intellectuels auxquels Courrier International a ouvert ses colonnes sont à ce titre particulièrement éloquents, qui évoquent un sentiment de précarité, d’insécurité et «une peur collective de la paupérisation». Quand ils ne stigmatisent pas l’arrogance d’un capitalisme occidental autoproclamé «vainqueur de l’Histoire», refusant tout débat et qui s’est offert avec l’Est un nouveau et très juteux marché…

Il ne s’agit pourtant pas pour ces femmes et ces hommes de toutes générations d’Ostalgie — cette nostalgie que suscite chez certains, feu la société est-allemande —, mais d’une analyse affûtée du monde capitaliste tel qu’il ne va pas, et de la conscience aigue d’avoir vécu une «révolution au goût d’inachevé», comme l’écrit l’essayiste Josef Haslinger. La grande illusion du bonheur à l’Ouest a fait long feu. D’autant que, par le biais d’un système pervers de vases communicants, le modèle communiste a, en périclitant, considérablement renforcé le modèle capitaliste. L’après-chute du mur de Berlin n’est finalement que le point d’orgue de politiques initiées dès le début des années 80, en particulier par Reagan et Thatcher dont, le TINA (There is no Alternative) a durablement contaminé la planète. Au nom de la liberté, bien entendu ! Ces politiques sont à l’origine de la casse progressive des modèles sociaux, mis en place après la seconde guerre mondiale.paves

En France à cette époque, face à un patronat en partie discrédité pour collaborationnisme, mais face aussi à l’espérance suscitée par le modèle soviétique qui crée un véritable rapport de force, la classe dirigeante est contrainte d’accepter des compromis sociaux. Mais dès lors qu’avec l’effondrement du bloc de l’Est, disparaît le «danger révolutionnaire» – le garde-fou en quelque sorte -, la levée de ces compromis ne se fait pas attendre. Nous en vivons aujourd’hui dans notre pays des étapes majeures et cruciales. Démantèlement du droit du travail et des services publics, dérégulation des marchés, financiarisation de l’économie, dogme du libre-échange … Le tout accompagné, et ce n’est pas la moindre des ironies, d’une remise en question fondamentale des libertés et de la démocratie, dont le décuplement des fichages et des surveillances video, la chasse aux sans-papiers et la nomination du président de la télévision publique par le chef de l’État sont de tristes exemples…

Le constat partagé par les différents auteurs sollicités par Courrier International n’est pas moins rude. Car en gagnant la liberté, les citoyens de l’Est ont perdu cette sécurité qu’ils évoquent aujourd’hui, et se sont trouvé projetés dans un modèle de société occidental qui ne jouissait plus des compromis sociaux dont elle disposait précédemment.

Face à cette situation, la social-démocratie porte une indéniable responsabilité.

Partageant une histoire et des valeurs de progrès communes avec le communisme, elle s’en désolidarise au début du xxe siècle, en refusant d’adhérer à la Révolution bolchevique.

Installée dès lors entre un modèle soviétique et un modèle ultra-libéral également rejetés, elle s’amollit, s’endort dans une position finalement assez confortable. Ainsi, continuant à s’adosser au communisme – adhésion à la notion d’un état fort et social – elle accompagne dans le même temps, résignée, les dérégulations dogmatiques mises en œuvre par les politiques libérales. Et renonce à imaginer une «troisième voie», au sens premier de cette expression imaginée par des intellectuels qui cherchaient un modèle à mi-chemin des modèles anglo-saxon et soviétique, et carottée ensuite par Tony Blair pour définir sa politique social-libérale.

En conséquence de quoi, lors de la chute du bloc de l’Est, aucun véritable projet de société alternatif n’est plus en place pour instaurer un rapport de force avec un libéralisme effréné, arrogant et regonflé à bloc. Il serait pourtant injuste de nier l’apport des social-démocraties en Europe occidentale durant les Trente-Glorieuses. Au cœur de nombreux gouvernements, elles mettent en place de nombreuses réformes sociales. Mais elles se laissent dénaturer au début des années 80 par la pensée libérale et commencent à lâcher prise.

Il n’est donc pas surprenant qu’au moment où elles devraient en toute logique porter une alternative profonde au libéralisme, elles soient discréditées et enregistrent d’incessantes défaites, dont la dernière aux élections européennes n’est pas des moindres.

Ainsi, le XXe anniversaire de la chute du mur de Berlin doit-elle être pour les socialistes, une nouvelle occasion symbolique de s’interroger sur leur socle idéologique, voire de le repenser. Nous devons redéfinir et réaffirmer nos valeurs, les porter, proposer un pensée et un projet alternatifs à une pensée et un projet neo-libéraux dont l’injustice n’a d’égal que l’inefficacité économique.

Nous n’avons pas su être une alternative au communisme mis en œuvre dans les pays de l’Est. Nous devons en être une au capitalisme dont la dernière crise a démontré, puisqu’il le fallait encore, la dangerosité et finalement l’inanité.

Au cours de son histoire, la social-démocratie n’a jamais anticipé la chute des régimes communistes.

Une erreur fatale qui l’a conduite à un retard théorique qu’il convient aujourd’hui de combler. Des Grenelle thématiques dispersés n’y suffiront pas. Cette réflexion ne peut se concevoir que de façon profonde et globale, en replaçant l’être humain au cœur d’un débat dont les protagonistes principaux portés en héros sont aujourd’hui l’argent et le profit. Savoir comment, pourquoi, pour qui l’on produit et comment l’on redistribue les richesses constituent le chantier idéologique majeur de la social-démocratie du xxie siècle. Ce chantier a existé. Il a été stoppé. Il est urgent de le réactiver.

«Et nous voilà avec la crise financière, que beaucoup qualifient déjà de crise du système, écrit le sociologue berlinois dans Courrier international. Le capitalisme a-t-il le dos au mur? Je n’en sais rien, mais j’ai déjà vu un système qui se croyait éternel s’effondrer d’un coup. Cela va très vite, tout en douceur comme dans un rêve. Et c’est très beau. À chaque génération sa révolution. Il y a eu 1968, il y a eu 1989. À ce rythme-là, il serait presque temps… Et l’on pourrait cette fois mettre sur la table ce qu’on a glissé sous le tapis en 1990.»

On ne peut dire si la chute de l’ultra-libéralisme sera belle. Mais on peut présager qu’elle sera dure. Et l’alternative «glissée sous le tapis» devra alors être exhumée et érigée à hauteur de ce Jaurès appelait «un idéal nouveau».

Entretien avec Pouria Amirshahi

Jeudi, octobre 15th, 2009

les-entretiensAprès avoir lu l’article de Rémi Lefebvre dans le Monde diplomatique du mois d’octobre, intitulé “les pièges de la professionnalisation; faire de la politique ou vivre de la politique?“, nous avons pris notre camescope familial et sommes partis à la recherche d’un socialiste à interroger sur ce texte et sur le thème de la rénovation du PS, sujet brûlant d’actualité ces dernières semaines. (Lire la suite…)

Crise, la solution interdite

Mardi, mai 19th, 2009

crise_larrouturouPierre Larrouturou est un socialiste qui travaille, réfléchit et qui propose des solutions audacieuses pour gagner la course de vitesse qui est engagée en ces temps de crise.

Son livre « Crise, la solution interdite » est une analyse approfondie du fiasco du système libéral et un vibrant plaidoyer pour l’audace en politique, celle qui permettra de trouver les bons remèdes à un système économique en déroute.

Le mal vient de la faiblesse des salaires, de l’injuste partage salaires / bénéfices et du chômage chronique. Les salariés, de plus en plus précarisés, de plus en plus isolés dans leurs entreprises, sont les victimes d’un chantage à l’emploi et ne peuvent rien faire face à la baisse constante de la part des salaires  dans la valeur ajoutée.

A cause de cette faiblesse endémique des salaires, la dette privée explose et nourrit la dette publique.
Ce système est à bout de souffle et la crise peut déboucher sur les pires excès, les pires extrémités.

La croissance n’est pas la solution comme la plupart des responsables politiques en sont dangereusement convaincus et pour nous sortir de la « trappe » à la précarité, il faut négocier dare-dare un traité de l’Europe sociale, doter l’Union d’un vrai budget, harmoniser l’impôts sur les sociétés, lever un impôt européen et…réduire le temps de travail pour parvenir à la semaine des 4 jours à la carte.

Il est têtu Pierre Larrouturou mais les arguments sont convaincants.

C’est en créant massivement des emplois par la réduction du temps de travail que nous nous en sortirons.

C’est possible car depuis maintenant 30 ans, la productivité a explosé alors que le temps de travail n’a quasiment pas bougé.

« La politique de civilisation passe par une forte baisse de la durée du travail ! » s’exclame l’auteur, en s’adressant à Sarkozy qu’il invite à lire le texte d’Edgar Morin qui a inspiré son discours de janvier 2008.

« La question du temps de travail est-elle devenue un combat fondamental à droite et un tabou complet à gauche ? » se demande Larrouturou. Et de constater qu’au  « niveau mondial comme au niveau national, une course de vitesse est engagée, mais à Solférino, c’est une course de lenteur qui se joue, au grand désespoir d’une majorité de militants ! ».

Joffrin l’enchanteur

Mardi, mai 5th, 2009

enchanteurLundi 4 mai 2009. Il est 7h30 et le militant socialiste de la rénovitude s’apprête à prendre un solide petit déjeuner en lisant Libé dans sa cuisine. 

A la une, « Comment le battre ?». Encore une couv’ sur Sarko qui fait du jogging. Une de plus. Le militant se dit qu’il pourrait s’amuser à compter les unes de Libé sur Sarko.

 Page 2 : Tiens, un édito de Joffrin, pleine page. « La résistible ascension de Nicolas Sarkozy » avec des sous-titres mystérieux – « Placards », « Rites » et « Grimoires ».

De la Politique Fantaisy, chouette alors ! et il se lance tout en beurrant sa biscotte.

Premier paragraphe, ça commence bien.
A gauche, on servirait de la « vieille soupe dans une casserole neuve », allusion acerbe à une union de la gauche mythologique, « fantôme d’un passé révolu » qui « se déploie…dans un espace politique trop étroit ».

La biscotte commence à se fendiller dangereusement, le pouls du militant socialiste s’accélère. – Ha bon ? Vendredi après-midi, dans le défilé, j’avais pas le sentiment de marcher avec des fantômes !

Il poursuit la lecture. L’éditorialiste aborde la « stratégie nouvelle », « l’alliance au centre », celle qu’il faudrait qu’il suive, lui, le militant socialiste, rebaptisée pour l’occasion « la constitution d’un espace politique, culturel et social neuf : la grande coalition de l’après -Sarkozy ».

Houlala, la biscotte vole en éclats. Des morceaux tombent sur le sol carrelé, côté beurré comme il se doit.

Pétrifié, le militant continue fébrilement la lecture du conte, tout en ingurgitant péniblement ses morceaux de biscotte.

« …un projet de rupture avec le libéralisme, les forces écologistes, les socialistes à l’ancienne comme Jean-Luc Mélenchon… » – sympa, il va apprécier le Méluche – « …le PS, les partisans de François Bayrou… » – Nous y voilà, – « et même les gaullistes sociaux et républicains tentés par un Dominique de Villepin » !! – Harrg, incroyable, il veut que je fasse campagne avec Dominique Galouzeau ! Il va être beau le nouveau Front populaire !!.

« Justice », « héritage libéral », nanana et plus loin « une politique, en un mot, où les valeurs républicaines sont vivifiées par celles de l’altermondialisme… »- C’est l’île aux enfants !! C’est Disneyland !

« …Ce projet ne sortira pas des placards grinçants de la rue de Solférino. Il se construira dans le débat public ». – MAIS IL VEUT ME FLINGUER MON LUNDI, JOFFRIN L’ENCHANTEUR !? éclate le militant socialiste qui, pris de spasmes, renverse son café brulant sur ses cuisses.

Et à propos de Bayrou : « La question n’est pas de savoir d’où il vient mais où il va ». – MAIS ARRÊTE DE ME SAOULER AVEC BAYROU. IL EST TOUT SEUL BAYROU, C’EST UN CHANSONNIER, BAYROU !! IL VA FAIRE UN SHOW A L’OLYMPIA BIENTÔT !

Le militant, dans un sursaut hystérique, a renversé la table, sa vue se trouble mais hypnotisé par la prose de l’enchanteur, il continue mécaniquement sa lecture.

«Parti de gouvernement habitué aux ors et aux rites, posé sur l’axe horizontal droite-gauche, le PS a du mal à comprendre l’autre dimension, verticale, de la vie politique. La coupure droite-gauche est elle-même traversée d’une deuxième coupure, celle qui sépare le peuple et les élites ».

DU CALME, DU CALME, LA, IL N’A PAS TORT, C’EST VRAI, C’EST POUR CA QUE TU VEUX LA RENOVITUDE, MON GARCON!!

Le militant fait une pause, il a besoin de souffler, de reprendre une certaine hauteur de vue. Après tout, Laurent Joffrin est le directeur de son journal favori, celui auquel il est abonné. C’est un grand journaliste politique qui a fait ses preuves, qui s’oppose à Sarko. Il mérite d’être lu avec bienveillance.

Le militant se rassoit après avoir ramassé les restes de son petit déjeuner dévasté et reprend.

Le sondage Viavoice, le MODEM, ça recommence. L’estomac se vrille. « Il veut prendre notre place, gémit le PS. Raison de plus pour se rapprocher de ses électeurs, idiot ! ».

MAIS, JE RÊVE OU IL VIENT DE ME TRAITER D’IDIOT ?! MAIS TOUS LES JOURS JE PARLE AUX ELECTEURS DE BAYROU !! TOUS LES DIMANCHES, SUR LE MARCHE, JE LEUR PARLE, AUX ELECTEURS DE BAYROU !!

« François Hollande, qui reste le stratège le plus intelligent du PS ». DOMMAGE, ON VIENT DE LE REMPLACER, LE GRAND STRATEGE. APRES TROIS DEFAITES A LA PRESIDENTIELLE, ON S’EST DIT QU’IL FALLAIT CHANGER L’EQUIPE!!!!

« Les peuples prennent conscience de la folie libérale qui nous a conduits à la crise. Ils veulent une alternative. Celle-ci ne se trouve pas dans les grimoires de l’ancienne gauche ».

Le militant socialiste chancelle. Pris de vertige, il finit par s’effondrer sur le sol froid de sa petite cuisine, terrassé par le maléfice.

“Après la démocratie” – Emmanuel Todd

Dimanche, janvier 11th, 2009

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Après la démocratieDans son dernier ouvrage, “Après la démocratie”, paru en novembre 2008 aux éditions Gallimard, Emmanuel Todd, se livre non seulement à une critique virulente du sarkozysme mais porte également un regard sans concession sur le parti socialiste et ses dérives idéologiques.
La conclusion du livre est aussi la promotion d’un certain protectionnisme européen, “dernière chance de la démocratie européenne” et seul moyen de préserver les salaires et d’en finir avec le libre-échange, présenté comme un ennemi de la démocratie. (Lire la suite…)