Un monde d’avance, c’est le courant de l’aile « gauche » du Parti socialiste. Ses membres ont aujourd’hui rejoint la motion majoritaire, celle de Valls, Moscovici, Cambadélis, celle des ex-strauss-kahniens et des socio-libéraux, leurs anciens adversaires du congrès de Reims de 2008.
En quatre ans, les dirigeants d’Un monde d’avance ont parcouru un long chemin sur des routes connues d’eux-seuls et ils sont arrivés là où ils voulaient arriver : à l’assemblée nationale, au gouvernement, au cœur de l’appareil socialiste.
Mais, le militant de gauche, ils l’ont perdu.
Il faut rendre hommage à leur opiniâtreté, à leur art de la négociation et du rapport de force. Ils ont su s’imposer, ne négligeant rien, arrachant au bout de nuits de négociation la vice-présidence de la commission fédérale des conflits du Pas-de-Calais ou de Seine-Saint-Denis, prenant d’assaut la section de Pimpous-les-Fayots pour imposer leur candidat à la cantonale, écumant les fédérations, bataillant sans relâche pour le bien de leur courant.
Ils ont écrit des textes aussi et ils ont entrainé des militants avec eux.
En 2008, avec Filoche, ils voulaient un SMIC « augmenté à 1500 euros ».
En 2012, ils se félicitent avec Moscovici du « coup de pouce » d’un carambar par jour.
En 2008, ils aspiraient à un « plan de régularisation » car « l’immigration est une chance pour la France et l’Europe de demain ».
En 2012, ils signent la motion de Valls qui refuse de régulariser davantage de sans-papiers que Sarkozy.
En 2008, ils voulaient la 6ème république et rejetaient les institutions de la Vème, « profondément étrangères aux valeurs de la gauche ».
En 2012, ils se rangent tous derrière la motion du président, pas une tête ne doit dépasser ; la 6ème république est enterrée.
En 2005, ils fêtaient la victoire du NON au référendum sur le TCE. En 2008, ils exigeaient que l’Europe « révise le pacte de stabilité qui rogne les marges de manœuvre des Etats-membres ».
En 2012, ils votent la loi organique qui met en œuvre la règle d’or du traité de Sarkozy et qui étouffe les budgets des états.
Que d’énergie dépensée ! Que d’heures passées en réunions, en soirées épuisantes, en palabres, arguties, commissions, débats fédéraux !
Mais, aujourd’hui, ils sont arrivés. Ils fument le cigare, ils cumulent les mandats et ils sont heureux et fiers du travail accompli. L’aile « gauche » rêvait devant les épisodes de la série « west wing ». Ses rêves deviennent maintenant réalité.
A les contempler, on pense à Balzac. On mesure le temps qui passe, les illusions perdues et la vanité de nos espoirs de jeunesse, réduits à peau de chagrin.
Je suis tombé par hasard sur le texte de la motion C du congrès de Reims en faisant un peu de rangement dernièrement. J’ai eu l’impression de lire un très vieux Libé ou un numéro des Inrockuptibles d’il y a 20 ans. C’en était même gênant. Je me suis vite débarrassé de la brochure, un peu honteux et en me disant que décidément le temps passe très très vite en politique.

Bon billet ! Bien que je te trouve bien conciliant avec de tels socio-traîtres….
Que de chemin parcouru par ses « responsables » qui rappelle celui de Cambadelis depuis le congrès de Rennes.
Pour moi ,cette gôche est depuis longtemps à droite et ceux que les merdias décrivent plus à gauche dans ce Parti Sournois ne sont que des arrivistes qui s’ accrochent à leurs avantages .La lutte des places avec la rengaine qu’ils peuvent faire changer pour rideau de fumée à leurs positions désastreuses dans tous les domaines de la politique fait que la majorité des citoyens est en train d’ enterrer le socialisme