Pierre Larrouturou est un socialiste qui travaille, réfléchit et qui propose des solutions audacieuses pour gagner la course de vitesse qui est engagée en ces temps de crise.
Son livre « Crise, la solution interdite » est une analyse approfondie du fiasco du système libéral et un vibrant plaidoyer pour l’audace en politique, celle qui permettra de trouver les bons remèdes à un système économique en déroute.
Le mal vient de la faiblesse des salaires, de l’injuste partage salaires / bénéfices et du chômage chronique. Les salariés, de plus en plus précarisés, de plus en plus isolés dans leurs entreprises, sont les victimes d’un chantage à l’emploi et ne peuvent rien faire face à la baisse constante de la part des salaires dans la valeur ajoutée.
A cause de cette faiblesse endémique des salaires, la dette privée explose et nourrit la dette publique.
Ce système est à bout de souffle et la crise peut déboucher sur les pires excès, les pires extrémités.
La croissance n’est pas la solution comme la plupart des responsables politiques en sont dangereusement convaincus et pour nous sortir de la « trappe » à la précarité, il faut négocier dare-dare un traité de l’Europe sociale, doter l’Union d’un vrai budget, harmoniser l’impôts sur les sociétés, lever un impôt européen et…réduire le temps de travail pour parvenir à la semaine des 4 jours à la carte.
Il est têtu Pierre Larrouturou mais les arguments sont convaincants.
C’est en créant massivement des emplois par la réduction du temps de travail que nous nous en sortirons.
C’est possible car depuis maintenant 30 ans, la productivité a explosé alors que le temps de travail n’a quasiment pas bougé.
« La politique de civilisation passe par une forte baisse de la durée du travail ! » s’exclame l’auteur, en s’adressant à Sarkozy qu’il invite à lire le texte d’Edgar Morin qui a inspiré son discours de janvier 2008.
« La question du temps de travail est-elle devenue un combat fondamental à droite et un tabou complet à gauche ? » se demande Larrouturou. Et de constater qu’au « niveau mondial comme au niveau national, une course de vitesse est engagée, mais à Solférino, c’est une course de lenteur qui se joue, au grand désespoir d’une majorité de militants ! ».